UFFIE

UFFIE
# Posté le samedi 16 février 2008 14:08
Modifié le mercredi 11 juin 2008 07:37

UFFIE & CLAIRE GERMS CARNAVAL PARTY

 UFFIE & CLAIRE GERMS CARNAVAL PARTY
# Posté le dimanche 03 février 2008 07:37
Modifié le vendredi 13 juin 2008 16:29

FEADZ

FEADZ




_______________________________________interview Feadz 15/12/2005___________________________________





Tu étais beaucoup plus impliqué dans le rap auparavant, peux tu nous raconter ton passé hip hop et plus généralement tes débuts dans la musique?

Mon entourage familial m'a permis de découvrir de la bonne musique très jeune, mes parents qui écoutaient du jazz m'ont acheté « futur shock » de Herbie Hancock au moment ou il est sorti. Ma s½ur qui écoutait du punk et du funk me donnais régulièrement de bonnes K7 mais j'ai vraiment grandi en bloquant sur le rap comme pas mal de mecs de ma génération (j'ai 27 ans). Le copain de ma s½ur, Dj Nouredine me laissait jouer avec ses platines Technics avant que je ne puisse m'en acheter moi même, des fausses évidemment, BST et Gemini. C'est donc le scratch qui a vraiment déterminé ma volonté d'être Dj.
De plus, à cette époque, on n'avait pas accès aux vidéos DMC et tout le reste. C'était hyper magique de réaliser des sons avec ses mains sans les copier de personne. Après tout s'est enchaîné sans que j'y réfléchisse vraiment, premier groupe de rap, premières soirées, découvertes d'autres musique etc. Mon groupe favori de cette époque, ça reste Public Enemy. N°1 à jamais . J'ai donc travaillé avec différents groupes de rap et ça m'a surtout appris que je ne voulais plus être le Dj d'un groupe de rap ! J'ai sorti ensuite des mix-tapes: « stagnation reverse » 1 et 2 en choisissant les tracks avec Mezzo, j'ai formé un groupe de Turntablist avec Shone qui s'appelait Audiomicid, et j'ai commencé a me mettre dans la production avec ma mpc2000.


Qu'est ce qui t'a intéressé à un moment donné dans l'electro et qui fait que tu te sois tourné vers cette musique ?

J'ai flashé sur la house très tôt, un peu en secret, aussi grâce a Radio Nova qui diffusait « push push » de Rockers hi-fi mais aussi Dj GilbR (encore un pote de ma s½ur) qui mixait du rap et de la house. En fait je cherchais déjà une vibe hypnose et technologie, j'ai cherché cette vibe dans la drum'n'bass aussi. Mais c'est quant oizo m'a fait découvrir Dopplereffekt que j'ai signé a vie pour la techno et l'electro ((NDLR : c'est pas notre chroniqueur oliBusta qui dira le contraire) même si je n'ai, par ailleurs jamais cessé d'écouter du rap. Ce qui m'a plus, c'est que cette musique, on pouvait la faire seul et c'était bien plus créatif a mixer que du rap.


On sent de plus en plus un rapprochement de ces 2 scènes (hip hop+ zic électronique)? A quoi est ce du à ton avis ?

Evidement c'est lié, ça l'a toujours été. Par exemple, sur le maxi de « dopeman » de NWA, la face b c'est « the panic zone » également produit par Dre ,un pur track electro a la « planet rock » d'Afrika Bambaataa qui lui, dois-je le rappeler, a quand même samplé Kraftwerk. En fait le rap est une musique qui n'a jamais cessé d'emprunter des influences soul, jazz, b.o, ou techno. Le grime par exemple c'est juste du rap UK influencé plus par leur rave et leur clubs que par les disques de leur parents. On met des étiquettes pour se comprendre mais au fond tout est de l'électro (car s'est réalisé sur des machines électronique) avec ou sans voix .


Tu fais justement parti de ces gens qui se situent à mi chemin entre hip hop et electro, qu'est ce qui te fais chier dans l'électronique et que tu aimes dans la scène rap et vice versa ?

Ce qui me saoule dans l'électronique c'est quant ça change pas. L'autoroute, quelle soit hardcore, ambiant ou house, quand ça garde la même couleur trop longtemps ça devient chiant. Par contre, ce que j'aime, c'est le vrai coté machines ,la technologie, les synthés qui ont des sons de l'espace ,les drum machines qui claquent et les robots.
Dans le rap ,il y a pas plein d'exceptions mais a priori je ne peux plus entendre de rap 'jazzy' ou soul... En revanche, ce qui me fascine c'est l'énergie de cette musique, l'évasion qu'elle procure aussi. C'est compliqué à dire parce que c'est plus facile d'expliquer ce que tu n'aimes pas ! Ce que j'aime là dedans c'est une certaine illusion, c'est aussi une illusion dans la tek d'ailleurs mais me demande pas de décrire une illusion !


Rétrospectivement comment juges tu ton dernier maxi ?

Il est bien mais sûrement un peu trop saturé et rapide. Quant tu fais de la zik sur ton ordi, tu cherches toujours a ajouter des trucs pour pas t'ennuyer. Tu te dis : « là il faut que ça change » , « là il faut que ça speed », et finalement quant tu joue ton disque tu voudrais qu'il soit plus simple. Parc qu'au final, c'est un marché principalement pour des gens qui jouent des disques pas qui les écoutent, c'est des maxis de technos quoi et je suis loin d' être arrivé a maturité je crois. D'un certain coté tant mieux.


Tes sorties sont relativement espacées, pourquoi cette attente à chaque fois ? Est ce qu'il y aurait une retenu de ta part ?

C'est sûr il y a une retenue. Bien que je sois sur Bpitch, je ne suis pas dans la dynamique des Allemands genre on produit des disques de tek pour le dancefloor et c'est tout. J'ai fait mes griffes auprès de gens exigeant sur la musique qui se posent des questions ,veulent du neuf et se torture le cerveau


Mais après 4 maxis, est ce que tu te sentirais prêt pour l'album ? On m'a dit qu'Ellen Allien croyait beaucoup en ton potentiel et te mettrait la pression pour un LP ?

Peut être la musique que je fais est encore un peu dure pour tenir tout au long d'un album ,en même temps je voudrais faire rentrer dans les maisons certains de mes track qui ont plutôt bien vieillis. J'ai aussi un aspect vocal maintenant puisque je rap et ma copine aussi (Uffie "pop the glock 1er janvier 2006), ça prend du temps mais ça va arriver. Ellen me motive mais il y a quant même certaines lois de marché à respecter quant tu fais un album sur un label comme Bpitch .


Tu as la réputation d'être un très bon Dj, comment définirais tu ton style ?

Je crois vraiment dans les tracks que je joue, j'essaye de me placer le plus loin de l'ennui. Je pense jouer ce qu'il y de mieux dans cette « club musique » et quant ça suffit pas, j'y insère d'autre trucs que je rend « club musique » grâce au principe du mix que je connais sur le bout des doigt depuis le temps. Mais je ne suis absolument pas fourre tout hits, genre 2 many dj's qui continuent de mettre vitalic et nirvana. Je ne me met la pression pour toujours etre dans le frais.


Qu'est ce que tu essaies d'insuffler aux soirées auxquelles tu participes ?

De la fraîcheur justement. Surtout aujourd'hui, les mecs sont super formatés ils jouent tous du Jesper Dählback ou autres conneries proprettes comme ça avec des disques allemand chiants. Et je te parle pas des soirées rap ou la playlist est la même qu'à la radio ! Et ce qui me rend fou, c'est le revival: les mecs ressortent « the stooges » ou « beastie boys » alors qu'on en peut plus ! Tout le monde connaît ses disques, il y a tellement de vieux disques en avance et super frais, c'est ceux là qu'il faut ressortir ! C'est pour ça que je me décris comme futur car je ne suis pas dans le revival, qu'il soit rap, rock ,80s ou acid.


Tu as pris beaucoup d'envergure sur la scène parisienne? Est ce que tu souhaites, à terme, développer plus ta carrière à l'étranger ?

De toute façon si je m'étais cantonné à Paris, je serais pas allé signer sur un label allemand. Et c'est bien aussi d'aller représenter mon son à Reims, même si c'est quand même mieux a Tokyo. Mais j'ai envie d'être réellement reconnu à Paris, d'avoir une résidence qui marche où je pourrai jouer ce que je veux à la surprise générale et c'est pas encore le cas... je représente mon truc new school parce qu'ils ne me connaissent pas encore assez...


Bon Para One a bien fait péter le score des connections sur la dernière interview en étant politiquement incorrect donc tu peux y aller à ton tour : que penses tu de Para One ?

Para one est le manifest eurocrunk par excellence! Je porte des polos fluos mais je mets des cravates bariolés par dessus, je fais du son avec Reason mais je déchire grave. Je suis le cousin du boss d' Initial Cuts mais je fais mon groupe avec Tacteel, je viens de Chamberry mais j'habite dans le XV°, je finis mon album solo et fais aussi du cinéma, je vais en soirées avec un chapeau mais je produit TTC...
Plus sérieusement c'est un grand acteur de la « nouvelle French touch » avec TTC, Tacteel, Justice, Ed Banger, Arcade mode etc.


Que penses tu du dernier album d' Ellen Allien?

« Thrills », c'est un bon album. Je le trouve mieux que le précédant mais je suis pas à 100% dessus. Les tracks sont darks, plutôt minimaux et ressemblent à du Ellen tout simplement. Mais j'ai beaucoup d'admiration pour elle.


Et celui de Mr Oizo ?

Là je suis à 100% ! C'est du jamais entendu et du coup, ça restera frais longtemps, c'est un album très complet je trouve, tu ne peux pas le consommer comme on consomme les disques aujourd'hui. Certains tracks donnent du plaisir immédiatement mais la plupart des autres morceaux s'inscrivent dans un univers nouveau,qui se déchiffre et opère son charme après plusieurs écoutes. Franchement pour moi, c'est une grosse tuerie new school, probablement le meilleur album depuis « boy in the corner » de Dizzy.


Sinon quelques petites fresh news te concernant ?

Oui, maintenant je rappe aussi en anglais et je produis de la musique pour ma copine Uffie qui rappe, elle aussi. Vous pouvez découvrir tout ça sur mon profil myspace.com . Uffie sortira son premier disque en janvier 2006 sur Arcade Mode. Ca s'appelera « pop the glock » et il y aura un remix de Sebastian en face B. Check it out !

# Posté le vendredi 11 janvier 2008 16:10
Modifié le vendredi 13 juin 2008 16:34

UFFIE INTERVIEW WWW.BRAIN-MAGAZINE.COM

UFFIE INTERVIEW WWW.BRAIN-MAGAZINE.COM
______________________________________Et voici ma préféré du label_____________________________________



Voici une interview d'uffie très touchante est très personnelle qui m'a assez troublé j'avoue... A vous de juger mnt:






Paris, 6 heures du matin, un jour de septembre. Uffie, Feadz et moi-même émergeons du Rex après une soirée bien arrosée. Ça fait des semaines que je dois interviewer celle que je connais depuis 3 ans sous le nom d'Anna, mais que les gens adulent aujourd'hui sous le nom d'Uffie d'Ed Banger. J'habite à 10 minutes, on décide de faire ça chez moi, autour d'un dernier verre. Impossible d'acheter de l'alcool à cette heure-là. Tant mieux. On fume deux, trois clopes en buvant du jus de fruits. Feadz s'endort. Je branche le magnéto. C'est parti pour deux heures et demi de discussion entre deux filles passablement alcoolisées.





Tu as été invitée à mixer dans une soirée à Los Angeles il y a deux semaines, c'était bien ton petit voyage en solo ?

Uffie : Je déteste L.A., crois moi, mais oui, c'était cool. Ça m'a fait du bien d'être seule pendant quelques jours. Fabien (Feadz, ndlr) est de loin la personne la plus importante dans ma vie, mais je suis trop dépendante de lui. Donc ça m'a fait du bien de voir que je pouvais faire des choses seule.

Tu as traîné avec qui là-bas ?
Pas mal avec DJ AM. On s'est tellement drogué, c'était déprimant... On s'est marré, mais en même temps je me suis sentie vraiment coupable parce que je n'étais à L.A. que pour trois jours. J'aime prendre des drogues de temps en temps avec mes potes, mais pas avec des gens que je ne connais pas, ou si peu...

Comment as-tu rencontré DJ AM ?
On s'est rencontré à une soirée, il y a environ 3 ans. Il a 34 ans, c'est sans doute le DJ américain qui marche le mieux en ce moment, mais son histoire est vraiment deep. En gros, il vient d'une famille super riche, mais complètement tarée. Il est salement devenu accro à la coke puis au crack. Il m'a raconté qu'un jour, il s'était regardé dans la glace, ses lèvres étaient complètement brûlées, ses mains ne ressemblaient plus à rien et il était obèse. Il ne l'avait jamais réalisé avant. Il a pris son flingue et il s'est tiré une balle dans la tête, mais la balle n'est pas partie. Maintenant, il va mieux, mais il vit toujours dans la fête et dans l'excès.

Comme toi...?
Non, quand même pas...

Mais t'es quand même un peu perchée, non ?
Aucun doute là-dessus. En tous cas, j'ai eu l'enfance la plus fucked up du monde...Mon père n'était jamais là. J'étais seule avec ma mère. Quand elle était enceinte de moi, elle était tellement malade qu'elle n'a pas pu sortir de l'hôpital pendant les derniers six mois de sa grossesse. On se hait depuis ma naissance.

Ah ouais...
Ma mère a grandi dans une petite ville des Etats-Unis. Quand elle avait 28 ans, elle a rencontré mon père, un Européen qui bossait dans la mode. Pour elle, c'était parfait, vu qu'elle était obsédée par l'argent et qu'elle considérait que les hommes devaient entretenir les femmes. Tellement stupide... Ma mère est le genre de femme qui n'aurait jamais dû avoir d'enfant parce que la seule chose dont elle rêvait, c'était cette vie soi-disant idéale.

Mais, tu es née où en fait ?
Dans le nord de la Floride.

Vous avez vécu à Hong Kong, à un moment...?
Oui, un jour, on a tous déménagé à Hong Kong. Mon père bossait tout le temps, il était jamais avec nous, et c'était tellement déprimant parce que j'aime mon père à en mourir et je détestais ma mère qui ne s'intéressait qu'à une seule chose : les fringues. Ma s½ur était nageuse professionnelle, donc elle passait sa vie à nager et ma mère passait sa vie à se bourrer la gueule et à me dire des trucs horribles sur mon père.

Et donc, ton père a quitté ta mère ?

Non, on est rentré en Floride, et ma mère a acheté une maison pour vivre une vie normale et tranquille en banlieue. Mon père est parti travailler au Guatemala. Il était prévu que lorsqu'on quitterait la maison familiale, ils divorceraient.

Tu es l'aînée ?
Non, je suis la plus jeune... Je me souviens être allée voir mon père au Guatemala et lui demander pourquoi il vivait si misérablement. Il m'a répondu : « Parce que ta mère a besoin de milliers de dollars par mois pour s'acheter des fringues. » Finalement, mon père est tombé amoureux d'une autre femme et mes parents se sont enfin séparés.

Tu avais quel âge ?
11 ans. Je n'ai pas parlé à mon père pendant 2 ans parce que ma mère ne voulait pas.

Et pourquoi ton père a-t-il déménagé en France ?
Pour le travail. Et nous on vivait à St. Louis dans le Missouri, une ville tellement ghetto. J'étais une super bonne élève, j'avais que des A, et quand ma s½ur rentrait bourrée, je lui gueulais dessus. J'étais tellement straight. Et puis, il s'est passé des sales trucs qui m'ont rendue passablement tarée. Je me suis mise à sortir tout le temps et à faire les quatre cents coups. Et pendant ce temps-là, ma mère est devenue une Born Again Christian, genre « J'ai personne dans ma vie, alors je vais avoir Jésus. » Maintenant, je trouve que ma mère assure, d'une façon assez étrange certes, mais je l'aime bien... Bref, en tous cas, je sais aussi que sans toutes ces histoires, j'en serais pas là où j'en suis aujourd'hui parce que ça m'a rendue tellement forte. J'ai vraiment l'impression que je suis en train d'écrire un nouveau chapitre de ma vie aujourd'hui.

Et comment ça s'est passé pour toi quand tu es arrivée à Paris ?
J'avais 15 ans. Je vivais avec mon père et sa nouvelle femme, qui avait deux enfants, dont une fille de mon âge. On s'est tellement marré toutes les deux. Sa mère nous laissait l'appartement avec 60 caisses de champagne et 60 boîtes de cassoulet et on faisait ce qu'on voulait.

Comment tu te sens en ce moment: tu as l'impression d'être la fille la plus chanceuse au monde ?
Oh oui. Je me trouve tellement chanceuse que je me sens coupable. Et c'est en partie pour ça que j'ai tellement de mal à travailler. Alors que Fabien bosse tellement... C'est vraiment dur de faire de la musique, de me considérer comme une artiste. Je me sens tellement merdique parfois. Même si je sais que je mérite quelque chose, pourtant.

Et c'est quoi ce que tu voudrais obtenir ?
J'ai tellement été baladée à droite à gauche que je voudrais me sentir chez moi. Mon plus grand rêve est d'avoir un jour une maison, un endroit à moi, solide. Depuis que je suis toute petite, je suis toujours en déplacement, et depuis que je fais de la musique, on ne passe jamais deux jours au même endroit. C'est cool, mais je voudrais vraiment avoir un endroit où je me sens chez moi. Ce n'est pas tant un truc matériel, c'est plus un sentiment. J'aimerais me sentir en sécurité.

Tu ne te sens pas en sécurité aujourd'hui ?

Pas encore. Mais je m'y approche.

Tu te sens bien à Paris ?
C'est dur parfois. La barrière de la langue fait que je parle peu, que je manque de confiance. Je suis beaucoup plus bavarde quand je suis aux States. Mais, j'aime vraiment Paris. J'aime cette ville pour tout ce que j'y ai découvert et appris. Je hais la culture américaine avec passion. Quand j'étais à l'école aux Etats-Unis, tout le monde passait sa vie à faire du shopping, à étudier la Bible ou à bouffer des cachets de Valium. Quelle vie de merde...

Et toi, tu étais ambiance nerd ou cheerleader à l'époque ?
Je faisais partie des moches. On me dit que je suis jolie seulement depuis que j'habite en France. J'ai été recalée en cours de sport parce que je refusais de porter un short, parce que je me trouvais trop blanche. Mon surnom, c'était Casper... Aux Etats-Unis, du moins dans le milieu dans lequel j'ai grandi, les filles sont censées aller à l'école pour rencontrer un homme. Le jour où il passe son diplôme, les filles arrêtent la fac pour devenir des bonnes petites femmes au foyer. Un jour, elles se retrouvent divorcées et leur vie devient vide. Donc oui, je suis vraiment heureuse d'avoir déménagé en France.

Tu te rappelles que quand on s'est rencontré, il y a trois ans, tu faisais croire que tu avais 19 ans, alors que tu en avais 16 ?
Bien sûr... Quand je suis arrivée à Paris, à 15 ans, j'aidais un peu mon père en bossant avec lui chez Lee Cooper, notamment en organisant parfois des soirées. Avec l'approbation de mon père, j'ai commencé à mentir sur mon âge parce que je ne pouvais pas traîner dans les clubs alors que j'avais 15 ans, donc je disais que j'en avais 18. J'ai rencontré Fabien parce que je l'ai engagé comme DJ à une soirée que j'ai organisée. C'était vraiment une grosse soirée. J'en revenais pas d'avoir fait ça. En tous cas, bref, j'avais 16 ans, mais je lui ai dit que j'en avais 19. Je l'aimais bien, mais je ne pensais pas que ça serait sérieux entre nous. Mais c'est devenu la relation la plus sérieuse au monde, et je n'osais pas lui dire mon âge parce que j'étais persuadée qu'il me quitterait. J'arrêtais pas de repousser le moment où je lui dirai. Je lui faisais croire que j'allais bosser alors que j'allais à l'école, j'étais empêtrée dans un putain de gros mensonge. En fait, ça ne m'a pas vraiment dérangée jusqu'au jour où Fabien m'a emmenée voir ses grands-parents dans le Sud. Je ne m'étais jamais sentie coupable de ma vie, c'était horrible.

Et cet été-là, quand tu t'es retrouvée avec nous, des amis de Fabien, tu te sentais mal par rapport à ça ? Tu culpabilisais ?
Oui... Je me sentais tellement mal. Déjà, je venais d'un monde complètement différent du vôtre, et en plus, je prétendais avoir trois ou quatre de plus. Je me sentais coupable de rentrer à ce point dans la vie de Fabien alors que je lui mentais, et c'est pour ça aussi que je me montrais si renfermée avec vous. Un jour, je me suis décidée à lui montrer mon passeport. Pendant une semaine, il me répétait en boucle: « je suis un putain de pédophile ». Ça a été super dur pour lui pendant des mois.
(10 minutes plus tard... Nous sommes allées acheter des cigarettes. Uffie check son MySpace). Je t'ai raconté que j'ai rencontré Tom à une soirée à Los Angeles ? Ha ha, trop drôle...

C'est qui les plus grosses stars avec lesquelles tu as traîné ?

Pharrell ou Kanye West.

Et alors, tes impressions ?
Pharrell est beau, mais il y a un truc faux en lui. C'est en tout cas l'impression que j'ai eue quand on était à Tokyo pour l'anniversaire de sa boutique. Et Kanye, je l'ai rencontré quand il est venu à un de nos concerts dans un club coincé et prétentieux à Paris ( Chez Maxim's, ndlr).

Tu savais qu'il allait venir ?

Disons que Pedro nous disait qu'il allait venir, mais Pedro, il dit toujours ce genre de trucs. Je monte sur scène, mais j'étais pas dedans. J'étais dans une ambiance bitchy, saoulée d'avoir dû payer des verres à 20 putain de dollars, et d'être entourée de gamins coincés qui dansaient pas. Mais bon, alors que je commençais à me mettre un peu dans l'ambiance, j'aperçois Kanye sur une table en train de danser. Grosse pression. J'arrête tout net de raconter des conneries à la foule. Notre concert était nul, et le son était tellement pourri, mais une fois que je descends de scène, Kanye vient me féliciter en me disant que c'était un pur set, que Pop The Glock est son morceau du moment et qu'il l'écoute tous les jours. C'est ce soir-là où il a proposé à So-Me de co-réaliser son prochain clip.

En parlant de So-Me, j'ai une réclamation pour ta dernière pochette. L'un des dessins de toi est vraiment raté, et celui de Fabien est tout simplement horrible...
So-Me est juste super busy, mais c'est vrai qu'il aurait pu faire un effort sur le dessin de Fabien. Tous les dessins de moi viennent d'une série photo faite par Cobra Snake. Je crois que ma pochette préférée est celle de mon premier maxi.

T'as quoi comme relation avec Quentin (Dupieux aka Mr Oizo, ndlr) aujourd'hui ?

Il est un peu comme l'oncle cool que tout le monde a dans sa famille. Il est tellement gentil avec moi. Il y a quelques semaines, tout à coup, la machine s'est emballée. Pedro a décidé que mon album devait sortir dans les mois à venir, et qu'on allait faire des vidéos, etc. Quentin est intervenu en disant que j'avais mon mot à dire, que j'étais jeune et que j'avais besoin de rester jeune et que si je voulais continuer à juste sortir des singles débiles, il était down avec moi, mais que si je voulais vraiment me mettre à bosser, il était aussi down. Ça m'a vraiment touchée. Quentin peut être vraiment dur, mais j'ai de la chance parce qu'avec moi, il est d'une gentillesse extrême.

Et au niveau musical, ça se passe comment ?

Ça lui arrive de ne rien m'envoyer pendant des mois. Avant First Love, on n'avait rien reçu de lui depuis cinq mois, et puis bam, il l'envoie et il se produit immédiatement un truc magique. C'est tout de suite évident pour moi de bosser sur ses tracks, les voix et les instrumentaux s'emboîtent tout de suite.

J'ai entendu la dernière instru qu'il a faite pour toi, elle est incroyable, et tellement différente de ce qu'il fait d'habitude...
Pfff... Elle est juste magnifique. Crois-moi, je vais vraiment faire un effort pour écrire le texte.

Tu as 19 ans, et tu es entourée de gens de 30 ans, c'est difficile pour toi de trouver ta place ou de parvenir à être toi-même ?

A vrai dire, j'ai toujours traîné avec des gens plus vieux que moi. Mais pour te répondre, oui, c'est dur parfois. C'est assez étrange, mais des fois, du coup, je me force à agir comme une gamine. J'ai 19 ans et je gagne ma vie, et autant je ne veux pas rater cette chance qui m'est donnée en ce moment, mais parfois, je me dis aussi que je rate des trucs de mon âge, alors je me force à agir comme une sale gosse. Fabien me le reproche, et je le comprends, mais par moments, je veux aussi me battre pour ce que je suis. Je devrais avoir le droit de claquer tout mon cachet de la veille dans une robe sans me sentir coupable. Je ne veux pas devoir penser à ouvrir un compte en banque pour faire fructifier mon argent...

Mais tu penses à ton futur quand même ?
Tout le temps. Non stop. J'aimerais un jour monter une boîte dans la mode avec mon père. Je suis ravie que ça se passe si bien dans la musique, mais un jour, je veux avoir un vrai travail. Je veux connaître ça. Je veux avoir une famille aussi.

Et ça te fait chier parfois l'image bitchy trashy que tu as en tant qu'Uffie ?

Ce que je vis en ce moment a été si soudain et si énorme, le genre de trucs que ton cerveau n'arrive pas à réellement intégrer... L'autre jour, à L.A., on est allé dîner avec DJ AM, et on s'est fait attaquer par les paparazzis. Je ne vais pas jouer les victimes, mais c'est clair que je ne veux pas devenir une star.

Mais tu arrives à faire la part des choses entre Anna et Uffie ?

Le truc, c'est qu'on m'appelle Uffie depuis que je suis toute petite. Je suis bipolaire, j'ai des moments d'euphorie extrême et des moments de grande déprime. Je ne suis pas une personne différente quand je suis sur scène en tant qu'Uffie. Disons que je suis moi-même, mais dans une version plus extrême.

Tu perçois comment tout ce qui t'arrive ?

Je crois que j'essaie vraiment de ne pas y penser. Avec tout ce que ça comporte comme côtés positifs et négatifs. Récemment, j'ai passé un mois sans boire, parce que je voyais que je déconnais trop, et ben c'était horrible. Déjà, c'était beaucoup plus dur de faire des concerts, même si du coup ils étaient vraiment mieux... Mais j'ai réalisé que c'était dur de vouloir changer. Les gens qui m'entourent préfèrent la version Anna folle. J'ai parfois l'impression que j'ai uniquement le droit d'être une party girl, et que du coup, j'ai pas le droit de parler de sujets sérieux ou tristes. Uffie, c'est moi, mais ce n'est qu'une partie de moi. Et les gens ne veulent que cette partie de moi. Le reste, ils s'en foutent, ils n'en veulent pas.

En même temps, ça ne tient qu'à toi d'écrire des textes plus profonds pour faire comprendre qui tu es...
Je sais. Et je compte bien le faire sur le nouveau morceau de Quentin. C'est dur les critiques quand même, pourquoi il faut tout le temps que les gens jugent et donnent leur avis ? Si t'aimes pas, n'écoute pas. Laisse-nous faire notre truc. Je sais que ce que je fais est silly... Et alors ?


# Posté le mercredi 21 novembre 2007 12:51
Modifié le mardi 02 septembre 2008 03:02

ED BANGER RECORDS

ED BANGER RECORDS
interview de Pedro Winter aka Busy.P:





Comment en es tu venu à fonder Ed banger?

P: Le label n' est pas très vieux. Ca a commencé en 2003. Avant ça, j'avais commencé une boîte de management que j'ai toujours, puisque ça fait un peu plus de 10 ans maintenant que je suis manager de Daft punk, et que au fil du temps j'ai voulu monter ma propre société. Après j' ai monté ma boîte pour m'occuper d' autres artistes comme Cassius, DJ Mehdi, Cosmo Vitelli, DSL. Puis finalement je me suis rendu compte que manager plein d'artistes était cool mais que ça prenait beaucoup de temps et d' énergie, donc j'ai préféré me concentrer sur un nouveau rôle qui me tenait à coeur : producteur de musique, et donc de monter ma propre maison de disques en 2003 Ed banger records, sur lequel j' avais envie de signer que des jeunes artistes, qui n' avaient encore jamais sorti de disque: de la chair fraîche.

L'esprit du label est dans la parfaite continuité des soirées Espionnage, ce crossover entre hiphop et électronique.

P: Complètement, la preuve: avec Mehdi on va fêter nos 10 ans de vie commune l'année prochaine, puisqu' on a commencé à bosser ensemble en 97 avec Espionnage. Et Feadz bien évidemment qui est en train de devenir doucement mais sûrement le dj officiel de Ed banger, avec qui on mixait aussi à l' époque, avec Mehdi, sous le nom de Espionnage sound system. Nous trois, on essayait de mélanger tous ces styles, tous ces genres. Moi en invitant Mehdi dans mes soirées branchées parisiennes ou électroniques, et lui vice versa, en m' amenant dans ses soirées hiphop, donc oui je suis intéressé par ce mélange. En 95 je faisais des soirées où je mélangeais hiphop et house à l' époque. On nous prenait un peu pour des fou furieux, pourtant ça se passait plutôt bien. Je vais utiliser des phrases bateau mais on utilise les mêmes machines, il y a tellement de points similaires. Après en dehors des préoccupations sociales qu' a le rap, qui sont plus qu' importantes dans cette musique-là, qu' on n' a pas nous dans la musique électronique qui est une musique plus festive, nous aussi - dans la techno plus que dans la house - on a des revendications politiques et sociales importantes, à Détroit ou Chicago, on ne va pas faire de dessin.

Peux-tu parler des connivences entre le rap et des gens de la première french touch comme Dimitri avec Stetsasonic, Jess & Crabbe, Zdar etc ?

P: Dimitri et Stetsasonic, c' était une collaboration pour Tommy boy qui fêtait les 20 ans du label, ou quelque chose comme ça. Jess & Crabbe, complètement, c' était des fans de Chicago. D' un côté Jess était Dancemania, Chicago, et l' autre était b-boy, graffiti artiste. Ils avaient un son bien à eux, qu' ils n' ont, je trouve, malheureusement pas réussi à développer. Peut-être qu' ils étaient entre deux mouvements, fin de la première vague french touch et début de la nouvelle. Dimitri est un bon exemple, puisqu' au début de NRJ, il mixait du hiphop avant de mixer de l' électro. Comme beaucoup: Zdar et Boombass qui faisaient des trucs pour Solaar à l' époque, avec Mehdi qui a participé sur le premier ou le deuxième album de Solaar. Même Bob Sinclar était un dj de hiphop, et même le grand David Guetta était le grand défenseur de la cause hiphop à l' époque.

Comment est vu le label du point de vue de la scène électronique et du hiphop justement ?

P: Encore une fois, on est tout jeunes, on a que 3 ans. Au niveau de la musique électronique, tout le monde a l' air de nous faire plutôt confiance, et de nous suivre dans nos choix et nos goûts, et dans le fait qu' on amène quelque chose de frais. Entre 2001 et 2005, il y avait vraiment beaucoup de fausse house filtrée, de faux labels qui se cassaient la gueule. Dans le milieu électro, on est plutôt bien accueillis et plutôt bien acceptés. Nos disques sont pas mal distribués et joués: c' est le principal. Après dans le hiphop, je pense qu' on est un peu des ovnis, c' est peut-être un peu violent comme musique pour eux. Maintenant il y a des mecs du hiphop qui se retrouvent un peu chez nous, puisqu' on sort un disque de Mr Flash avec un featuring de TTC, Mehdi qui fait partie de la famille, SebastiAn qui intrigue tout le monde avec une vibe hiphop et qui pourtant tabasse. Je pense qu' on est plutôt bien vus dans les deux familles, et moi personnellement, j' ai envie d' être bien vu dans les deux camps.

Ton background hiphop ?

P: Ca a commencé avec Run DMC en 89. J' étais en pension et j' avais un poster de Run DMC dans mon dortoir. J' avais acheté leur disque. La réelle prise de conscience s' est faite à ce moment-là. Après bien évidemment en tant que petit blanc et skateur, les Beastie boys ont changé ma vie. J' aime particulièrement les beats et les musiques. Plus que les mcs, ce sont les producteurs qui m' ont touché. Je suis moins fanatique de Common et Talib Kweli en tant que mcs, mais par contre Timbaland, Premier, Hi tek, Jay dee: toute cette clique-là me parle carrément. Je pourrais écouter des disques entiers de hiphop instrumental.

Peux-tu parler de tes influences dans la gestion et l' identité artistique de ton label.

P: James Lavelle c' est l' image et la puissance artistique, qu' il a lui imposée dans les années 90. Je n' ai pas la prétention de faire la même chose. En tout cas j' espère qu' on laissera le même genre de goût dans la bouche des gens. Après je suis le plus mauvais gestionnaire de la terre je pense, c' est à dire que j' ai monté mon label sans aucun business plan, et je continue à avancer comme ça. Je sors des disques sans faire de tableur, sans prévoir les rentrées et sorties d' argent.

Les disques de Krazy baldhead auraient même leur place sur Mo'wax, pas que dans un club.

P: Bien évidemment, depuis le début j' ai envie de sortir des disques qui ne sont pas forcément que des tubes de club ou des morceaux faciles. Le premier disque que j' ai sorti sur Ed banger, c' était Mr Flash "Radar rider", qui est tout sauf un morceau jouable en club, ou facile à l' écoute, une espèce de DJ Shadow.

Il y a des artistes que tu voudrais signer ?

P: Là je t' avoue que je n' ai plus trop envie d' en signer, parce qu' il faut qu' on se concentre un peu avec ceux avec qui on s' est engagés, avec qui on a envie de sortir des disques. J' espère que la musique est une énergie renouvelable. Il y aura toujours des nouveaux kids qui arriveront avec des sons de folie. Avant de signer Uffie, je m' étais dit que je ne voulais plus signer d' artiste. Quand j' ai écouté, ça m' a pris quatre secondes pour lui dire de monter dans l' autobus Ed banger.

Comment expliques-tu le succès d' Uffie?


P: J' aime bien relativiser un peu les choses. On va approcher les 5000 vinyles. Il y a un succès, une attention, il y a beaucoup de vent et de bruit autour d' elle. Maintenant il faut qu' on vende des cds, il faut qu' elle tourne, qu' on écrive une histoire. Ca fait six mois qu' elle existe, demain tout peut s' arrêter, donc on a encore pas mal de boulot à faire. Après, ce qui fait une part du succès, c' est que ce soit une fille. Les gens mettent un visage un peu sexy sur un artiste. Le mélange mc hiphop et électro, ça parle aux jeunes de 2006. Oizo et Feadz: l' alchimie est parfaite.

Les points forts de SebastiAn et Justice ?

P: Leur force c' est d' avoir su bien digérer toutes leurs influences musicales, et d' en avoir ressorti un truc un peu hybride. Les clubbers se retrouvent dans SebastiAn alors que c' est tout breaké, jamais très droit, et en même temps tous les hiphopeux se retrouvent là-dedans en se disant qu' il arrive à faire des trucs sur lesquels on saute partout. C' est uptempo, nous on aime les trucs à 90 bpm justement, et là on est à 120/130, et les mecs pourraient limite rapper dessus. Il vient du hiphop, puisqu' il faisait des sons avec Narcisse, d' une jeune clique de La Cliqua justement. Justice leur force, je m' emballe un peu, mais je pense que ce sont des petits génies de composition et de production, qui savent super bien travailler le son. Ils sont en plus multi-instrumentistes, et ont ce talent d' écriture de la musique.

So me : l'image du label.

P: On s' est rencontrés avec So me en 2002 pour faire le site de mon ancienne société. Quand j' ai monté le label, il était là dès le début. Je lui ai donné carte blanche pour faire l' identité du label. J' avais déjà une petite idée derrière la tête, j' étais attiré par les dessins à la main dont j' aimais bien le côté naïf. Pas forcément le graffiti même si j' ai bien sûr été touché par le graffiti en tant que jeune Parisien. So me a sauté dans l' aventure avec moi et c' est lui qui s' occupe de tout l' aspect visuel. Il m' arrive très rarement de lui demander de refaire des choses. C' est les oreilles du label et moi les mains du label.

T'écoutais quoi en rave à l'époque ?

P: En 92, c' était assez triste comme musique à cette époque-là: c' était Liza N' Eliaz, Polygon window avant qu' il s' appelle Aphex twin. C' était assez rapide, assez brutal, à la limite de la trance. Pour arriver à découvrir la musique électronique un peu plus pointue, tu rentres par les portes un peu plus faciles de la trance. Je me suis bien amusé pendant deux trois ans à sortir tous les week ends, à prendre des navettes. Ca m' a un peu saoûlé à la fin, d' être perdu au Bourget à sept heures du matin, et ne pas savoir comment rentrer chez moi. J' ai poussé les portes des night clubs parisiens en me disant qu' il y avait une musique un petit plus subtile, la house music, juste en bas de chez moi: finies les galères et les navettes.

Ton avis sur la démocratisation récente des musiques ghetto - bien qu'en place depuis un moment pour les formes de bass music -, vu que Funk fait désormais partie de la famille ?

P: C' est un cousin issu de germain. Il a fait un remix pour le single de Justice. Il fait partie de ces gens de Chicago qui ont influencé les gens de la première french touch et de la deuxième: Surkin ne jure que par Funk. On l' a fait venir deux fois, et à chaque fois, c' était assez magique et assez fou. Par rapport à tout ça, je trouve ça très bien: encore une fois ce sont des musiques festives. Mieux vaut tard que jamais, la miami bass n' est peut-être pas grand public. Peut-être avec Lil' Jon, et tout qui ont des petites influences. C' est comme la baltimore. Je ne suis pas sûr que les petits jeunes de la Star ac y comprennent quelque chose. Même moi, j' ai découvert la baltimore, il y a un an ou deux, avec Kazey. Je lui avais fait l' affront de lui dire que j' aimais bien ce truc un peu jungle. Il m' avait regardé et il m' avait dit: "Non. C' est de la baltimore." On en entend un peu plus parler, mais ce n' est pas non plus encore la musique des jeunes.

Tu scratches ?

P: Mais je suis une brute en scratch!

A quand la battle Ed banger BNN ?

P: Pone, Lil' Mike, je les prends tous un par un ! Blague à part, je suis vraiment fan et à chaque fois étonné par ce qu' arrivent à faire les mecs. Je ne suis pas du tout un pro DMC. Ca me saoûle vite les challenges et compagnie. Par contre dans une soirée, un mec qui arrive à placer ça au bon moment et au bon endroit, ça me parle. Si c' est pour faire un show, c' est joli sur youtube. Mais si ça casse l' ambiance, c' est pas le but du jeu.

Intégrées dans la production les coupures peuvent aussi être intéressantes (aux platines, ou pas, comme ton pote chrétien du New Jersey).

P: Todd Edwards c' est pas du scratch. J' ai deux exemples hyper importants dans les disques qui ont changé ma vie: un disque de Motorbass, "Flying fingers" de Zdar et Etienne De Crécy, un morceau de techno, dans lequel Jimmy Finger, qui était le dj de Mc Solaar à l' époque, scratche sur toute la séquence, et un autre truc de nu american soul avec Jazzy Jeff qui scratche comme un instrument, et que Kenny Dope et Louie Vega avaient utilisé.

Les disques de tes amis sont pas mal utilisés ou cités par des gens tels que Nétik ou I Emerge, le savais-tu?

P: J' ai vu ça avec Nétik. C' est bon ça!

L' importance du déguisement dans les dj sets ?

P: Tu parles à un professionnel! J' ai lancé la mode du m&ms il y a quelques années. Evidemment que je suis pour que les djs lèvent les yeux de leurs platines et jouent avec le public, plutôt que les nerds qui regardent la piste se vider.

Ton avis sur le phénomène des sélecteurs ?


P: Si ils arrivent à faire danser les gens sans être des vrais djs, chapeau bas. Il y a tellement de vrais djs qui n' arrivent pas à faire danser les gens. Par contre, les petites minettes qui s' improvisent dj, ça me pose problème! (rires)

Tu peux dire un mot sur les liens qui unissent Ed banger ou Kitsuné au Japon.

P: Les Japonais ont toujours été friands de ce qui se passe en France. Après les Etats-unis, c' est sûrement le pays qui les influence le plus: par rapport au goût des choses, à la mode, ils ont toujours été hallucinés par ce qui se passe en France, et musicalement ça a suivi. Nos relations avec nos amis japonais sont en train de se monter de plus en plus. Là on a été pour la première fois avec Justice au Japon, il y a trois semaines, ça s' est super bien passé. On a fait deux grosses dates dans des gros clubs à Tokyo et au Mont Fuji. J' ai eu la chance d' y aller pas mal de fois, notamment avec Daft Punk quand on a bossé sur le film avec Leiji Matsumoto. J' étais fan du travail des gens de Bape, et eux aussi du nôtre. Il y a des dynamiques qui se sont créées. Les Daft ont fait un morceau pour Teryaki boys, eux nous ont fait des paires de baskets, et l' histoire continue comme ça. Uffie part à Tokyo fêter l' anniversaire de BBC Ice cream. Gilda, qui est un ami à moi et qui s' occupe du label Roulé de Thomas, a monté son label avec des copains à lui, dont un Japonais: Kitsuné, c' est un label de musique et de mode, tout ce qu' il y a de mieux pour les Japonais.

Ton opinion sur comment le dernier Daft Punk a été reçu.

P: Comme nous on l' a envoyé, c' est à dire un peu à la tronche des gens. Il y en a à qui ça a plu, et d' autres à qui ça n'a pas plu. On a fait des dizaines de concerts, et les critiques sont de plus en plus élogieuses. Le groupe est toujours là, serein, prêt à faire d' autres trucs. Moi je crois en eux. Après c'est bien dans une carrière d' artiste de ne pas toujours être le numéro un. Qu'un troisième album marche moins bien que les deux premiers, ce n' est pas très grave. J'espère qu' il y aura dix albums de Daft punk et qu' on se souviendra du troisième comme "celui qui a le moins bien marché". Peut-être que le septième album sera moins bien encore. Mais moi je l'aime bien personnellement. Je suis ravi de ce disque brut de pomme. D'ailleurs le fait qu'il ait été joué en concert en live a fait prendre conscience à pas mal de gens de comment ils ont fait cet album, et du côté super répétitif qui fait partie de notre musique.

Ton avis sur ces disques :
l'album de Oizo.


P: C' est cool que F com ose sortir des disques aussi bruts, donc je n' en pense que du bien.

Para One.

P: Je suis plus que content. Je suis éditeur de Para donc je l'aide dans son projet artistique. On n' arrête pas de parler depuis tout à l' heure des influences hiphop et house, voilà un mec qui vient plus du hiphop et qui assume complètement son amour pour le dancefloor et la musique électronique. Il y a plein de citations dans sa musique, notamment à Daft punk, et c' est plutôt bien fait. C'est complètement 2006.

Mehdi.

P: Que te dire de DJ Mehdi, à part mon amour et mon respect pour "Lucky boy". Lui aussi qui comme Para One assume cette ambiguîté d' amour de deux scènes ennemies il n' y a pas si longtemps, et qui sont finalement en train de se retrouver, et qui ne vont plus pouvoir vivre l' une sans l' autre. Il n' y a qu' à entendre Timbaland claquer des trucs à moitié house.

Jay Dee "Donuts".

P: J' ai la chance de l'avoir rencontré en 2002 à Miami. Super cool. Il connaissait très bien Daft Punk et ce qu' on faisait. C'est comme ça qu' on a fait l' échange de remix avec Slum village puisque Jay dee avait samplé un morceau de Thomas sur Roulé, et plutôt que de lui envoyer notre avocat, je l'ai appelé et je lui ai dit que j' dorais ce qu' il faisait, de nous faire un remix, ce qu' il a fait super rapidement. J'adore ce mec, j'aime son freestyle de production, le mec a un son bien à lui, et c'est ce qui fait la différence entre tous les producteurs de rap et lui.

Skream "Midnight request line".

P: Uffie fait une reprise sur ce beat. L' album m'a un peu déçu mais le single est juste fabuleux. C' est du downtempo, voilà du dubstep. J' ai acheté quelques disques, étant fan de musique instrumentale. En soirée, je ne sais pas ce que ça donne. Il paraît qu'à Londres il y a des soirées comme ça. Ca doit être tout lent: du reggae moderne.







# Posté le mercredi 21 novembre 2007 12:49